25 mars 2008
Marrakech
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Les Sept Saints de Marrakech « sebaâtou rijales » : Le Panthéon des Marrakchis
La « Dekka Marrakchia », si appréciée de tous les Marocains, ne manque pas d’invoquer les Saints de Marrakech. Par ailleurs, saviez-vous que dire : « Je vais à sebaâtou rijales » signifie que l’on se rend à Marrakech ? D’ailleurs la légende des Sept Saints est telle que l’expression est quasiment devenue un synonyme de la ville ocre. En fait, il y a bien longtemps, le statut de capitale de Marrakech a attiré des gens de tous les horizons. La diversité des origines de la population exigeait un ciment d’unité auquel les saints ont largement contribué. Mais pourquoi sept d’entre eux seulement font partie du cercle étroit des saints patrons de Marrakech ?
La tradition des Sept Saints de Marrakech est née suite
à une décision politique prise par le sultan Moulay Ismaïl (1672-1727) pour contrebalancer l’influence grandissante des sept saints Regraga autour d'Essaouira. Il en confia l’institution à Hassan El Youssi, grand savant et fin connaisseur du Maroc de l’époque. Celui-ci choisit donc sept saints, dont le seul point commun était d’être enterrés dans divers endroits de la ville. Deux d’entre eux seulement sont nés à Marrakech : Sidi Youssef Ben Ali et Sidi Abdelaziz Tebbaâ.
Cadi Ayyad et Sidi Bel Abbas sont originaires de Sebta, Sidi Ben Slimane du Souss, Sidi Abdellah El Ghazouani des Jbala, dans le nord, et l’Imam Souheili d’Andalousie. Un pèlerinage sur les tombes des sept protecteurs de la ville fut institué pour redorer le blason de Marrakech qui souffrait, sur le plan religieux, de la concurrence du pèlerinage des sept saints Regraga. Cette manifestation annuelle eut beaucoup de succès. Elle fut, à partir du XVIIIème siècle, vivement contestée par les Musulmans orthodoxes.
Ces derniers rappelaient que le croyant ne pouvait adresser de prières qu'à Dieu seul.
Tous ces Saints étaient de grands savants en théologie islamique ou de grands mystiques soufis. Et bien qu’ils soient tous sur un même pied d’égalité du point de vue du culte qui leur est consacré, l’un d’entre eux se distingue dans l’imaginaire des gens : Sidi Bel Abbès Sebti, considéré comme le véritable saint patron de la ville. Les patrons de Marrakech sont tous cités dans une qasida composée par Cheikh El Youssi lui-même. La rime de ce chant ancestral est “aïne”. La qasida s’appelle donc “el Aïna” et invoque les sept saints dans l’ordre où doit s’effectuer la tournée.
Le concept de sainteté
La sainteté est un concept profondément ancré dans la mentalité marocaine. Ce phénomène s’enracine dans l’effervescence mystique issue du soufisme aux XVème et XVIIème siècles. Pour parfaire l’islamisation et lutter contre l’invasion des idées chrétiennes, les soufis animent, sous les Mérinides, de nombreuses zaouïas qui, face aux médersas officielles, enseignent et exaltent la vie des saints. Toute l’Afrique du Nord a connu les trois monothéismes, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Mais l’homme a toujours éprouvé une difficulté à imaginer un dieu unique, invisible et abstrait. Il éprouve le besoin de passer par des médiateurs, hommes et femmes reconnus pour leur droiture, leur « baraka » et leur détachement du monde ici-bas. On leur demandait d’alléger les souffrances du corps et de l’esprit. On les implorait aussi pour le retour d’un être cher, pour conquérir ou accroître la richesse matérielle, pour s’assurer une descendance… Chaque localité ayant tenu à avoir un saint patron, des sanctuaires ont été élevés sur les tombes de personnages tantôt légendaires, tantôt historiquement attestés. Bon nombre d’entre eux font l’objet de moussems. Il existe plus de 600 manifestations de ce genre au Maroc.
Certaines drainent des milliers de visiteurs, comme les moussems de Moulay Abdellah Amghar d’El Jadida, de Moulay Idriss du Zerhoun, d’Imilchil dans le Haut Atlas oriental, de Moulay Abdeslam Ben Mchich des Jbala, de Sidi Hmad Ou Moussa du Souss ou de Moulay Brahim dans la région de Marrakech.
Les Sept Saints
Sidi Souheil
L’Imam Souheil né près de Malaga est connu pour sa poésie soufie et son ouverture d’esprit à un moment de forte censure religieuse. Ce vieil érudit fut ramené d’Espagne par Yacoub El Mansour. Il a rédigé deux chefs-d’œuvre : l'un sur les noms propres des prophètes cités dans le Coran, l'autre sur la biographie de Sidna Mohammed.
Ce saint homme eut une vie simple et finit ses jours à Marrakech où il mourut en 1186. Il est enterré près de Bab Robb. Les étudiants n’ayant pas de mémoire se recueillent souvent sur sa tombe.
Sidi Ben Abdallah El Ghazouani
Sidi ben Abdallah El Ghazouani, dit Moul El Ksour, est originaire de la tribu berbère de Ghomara. Il a consolidé le renouveau soufi initié par Sidi Ben Slimane. Après avoir poursuivi ses études à Fès puis à Grenade, il s’installe à Marrakech pour compléter sa formation auprès de Sidi Abdelaziz Tabaa. Sa réputation ne tarde pas à porter ombrage au sultan Sidi Mohamed Cheikh, qui l'incarcère a Marrakech. Le sultan watasside le libère et crée à son intention une Zaouïa à Fès, afin de l'éloigner et de l'isoler. Mais très vite, le saint homme revient à Marrakech. Il y fonde une Zaouïa dans le quartier d’El Ksour. Décédé en 1528, il est enterré non loin de la Mosquée Mouassine. À la suite de différends avec le sultan mérinide, il avait prédit la fin de la dynastie.
Sidi Abdelaziz Tebaa
Sidi Abdelaziz Tebaa, marchand de soie à Fès, s'intéressa tardivement à la vie spirituelle. Principal disciple de Sidi Ben Slimane et héritier de Sidi Ben Soulayman Al Jazouli, il propagea l’éthique soufie dans les milieux des corporations d’artisans. À Marrakech, il s'installa à la Mosquée Ben Youssef près de laquelle il est enterré. Il est mort en 1508.
Al Imam Al Jazouli
Né dans la région du Souss, Sidi Mohammed Ben Soulayman Al Jazouli s'inscrit à la Médersa de Fès où il excelle dans les hadiths et l'exégèse. Il est au Xvème siècle le fondateur du soufisme marocain en vue d’une mobilisation contre l’invasion ibérique. Fer de lance de la guerre sainte contre les Portugais et homme politique influent, il attire des milliers de fidèles ; son pouvoir réputé occulte effraie même le sultan. Il meurt en 1465 (870 de l’hégire) à Jazoula (environs d’Essaouira). Son corps est transféré à Marrakech. Il est l’auteur du célèbre recueil de prières « Dala’il al-Khayrat » (les chemins des bienfaits). Ce livre historique est la référence incontestable de tous les invocateurs de grâce sur le prophète, des confréries soufies à travers le monde notamment la Tariqa Qadiria Boutchichia. Le mausolée date de l’époque saadienne. Il a été remanié fin XVIIIème siècle. La zaouïa Jazoulia se trouve au nord de la médina, à proximité de la rue Dar-el-Glaoui.
Sidi Bel Abbas Sebti
Des sept saints, Sidi Bel Abbas est incontestablement le plus vénéré de la ville.
Né à Sebta en 1145, il vient à Marrakech à l’âge de 20 ans. Il s’installe sur la colline de Guéliz près d'une source d'eau proche d'une grotte. Il y vit pendant 40 ans, sans jamais pénétrer dans la ville. La célébrité de ce prêcheur libre est telle que Yacoub El Mansour l’invite à enseigner, un devoir pour lequel il renonce à sa vocation d’ermite. Disciple de Cadi Ayyad, il passe sa vie à soigner et défendre les faibles et les aveugles. Le Calife Abdelmoumen venu lui rendre visite l’entendra dire: « Tout ce que tu veux qu'on fasse pour toi, fais-le pour tes sujets ». Sidi Bel Abbas meurt en 1205. Mais c’est en 1605 que le sultan saadien Abou Faris lui élève un mausolée, dans l’espoir de guérir son épilepsie. Depuis, il n’a cessé d’être l’objet d’attentions de tous les souverains, jusqu’au roi Hassan II qui a fait rénover le sanctuaire en 1998. Sidi Bel Abbas fut l'un des interlocuteurs d'Ibn Arabi. Il se lia aussi d'une grande amitié avec Averroès. Patron de la ville, il est aussi celui du commerce, des guérisseurs des yeux, des passementiers, des savonniers et des ouvriers des pressoirs. Il est enterré au cimetière de Sidi Marouk, près de Bab Taghzout. Sa Zaouïa fait partie du pèlerinage des Regraga, institué par Moulay Ismaïl.
Ce Saint des Saints est le plus invoqué dans les actes essentiels de la vie. Les marchands de beignets lui dédient le premier fruit de leur travail, Al Abbassia, les paysans, leur première gerbe de blé. Son évocation précède le rituel de la halqa. Il est évoqué par tous les conteurs de la place Jemaâ el Fna : « Au nom du saint patron de Marrakech- celui qui veille sur la ville-immuable- un pied sur l’autre- et qui ne retrouve sa quiétude que si tout le monde est rassasié- enfant du pays ou visiteur étranger ».
Cadi Ayyad Ben Moussa
Fils de Ben Moussa Ben Ali, grand Imam de Sebta, Sidi Ayyad est nommé Cadi de Grenade. Il est le plus célèbre des doctes du malékisme en Occident musulman. À l'avènement des Almoravides, il connaît l'exil à Tadla puis à Marrakech où il vivra jusqu'à sa mort en 1149. Son amour du Prophète exprimé dans son ouvrage « Al-Chifaa » et sa rigueur orthodoxe lui valent son titre de saint. Il est enterré dans le vieux marabout près de Bab Aïlen.
Sidi Youssef Ben Ali
D’origine yéménite, il fut le brillant élève du Cheikh Ben Asfour à Marrakech. Atteint de la lèpre, il passa sa vie dans la léproserie située à Bab Aghmat. Bien qu’atteint de cette terrible maladie, il garda jusqu’à sa mort en 1196 une foi inébranlable. Il s’est vu consacrer un édifice pour lui seul: la mosquée Ben Youssef. À l’origine almoravide, elle fut le sanctuaire central de la médina pendant plus de 4 siècles, jusqu’à la création de la mosquée Mawâssîne. Elle a été restaurée et modifiée au XVIème siècle, puis au début du XIXème siècle. Aujourd’hui, il ne reste presque rien de l’édifice initial. Sidi Youssef Ben Ali mourut en 1196 (593 de l'hégire). Son mausolée fut édifié par le sultan saadien Moulay Abdallah. La zaouïa se situe face à Bab Aghmat. On l'appelait Sidi Youssef l'éprouvé en raison des souffrances qu’il avait subies. Il récitait d’ailleurs souvent à voix basse le poème suivant : « Dieu, dissipe les soucis
Dieu, propage la lumière
Dieu, protège les faibles
Dieu, pardonne toujours et partout
Dieu ne vous abandonnera point ».
Les Sept Saints de Marrakech occupent une place essentielle dans l’histoire, la vie, la culture et l’imaginaire de la ville. Les sept tours construites en 2005, à Bab Doukkala, en sont une parfaite illustration
Symbolique du chiffre sept
Le chiffre sept a une symbolique cosmologique forte dans plusieurs cultures et religions. Il représente la perfection de toute création: les sept jours de la semaine, les sept ans de l’âge de raison. Dans les livres sacrés des trois religions monothéistes, Dieu créa le monde en sept jours ainsi que les sept cieux. À Marrakech, la légende des Sept Saints semble recouvrir une multitude de croyances profondément enracinées chez les Berbères. À Rissani dans le Tafilalet, le sanctuaire de Sbaâ rsan, les Sept Mariés, est dédié à sept frères qui se donnèrent la mort parce que leurs familles avaient refusé les épouses de leur choix. Plus proche de Marrakech est le pèlerinage des Regraga qui perpétue le daour, la visite des tombeaux des Sept Saints fondateurs de la confrérie des Chiadma, situés dans l’arrière-pays d’Essaouira.
*Les sept dormants d'Ephèse
Selon la tradition musulmane, les sept dormants d'Ephèse sont appelés Ahl al Kahf ou Ashâb al Kahf : les gens de la caverne ou de la grotte auxquels la 18ème sourate du Saint Coran est consacrée. Selon la légende vers 127 après J.-C, plutôt que de se sacrifier aux idoles, 7 jeunes chrétiens d'Ephèse (en Turquie) se laissèrent enterrer vivants, dans une caverne. Vers le milieu du Vème siècle, ils auraient été miraculeusement réveillés par le bruit provoqué par le dégagement de la caverne. Le culte des sept dormants s’installa aussitôt et se développa rapidement, en Orient et même en Occident.
S'ils sont les symboles, en Islam, de la confiance en Dieu, c'est aussi en tant que témoins de la résurrection qu'ils sont vénérés. À Ephèse, on continue d’honorer leur sanctuaire. Chaque année, des milliers de pèlerins, musulmans et chrétiens viennent prier et se recueillir à la Maison de Marie et à la Caverne. Le culte est célébré aussi dans d’autres pays musulmans : à Damas, en Algérie (près de Sétif). Il se répand de la Bretagne à l'Afghanistan, de la Finlande au Yémen. Un chien qui les accompagnait, nommé Qitmir, est l'un des quatre animaux à avoir accès au Paradis.
Architecture sacrée
Les mausolées des Sept Saints de Marrakech ont été construits à diverses époques. Leur architecture est typique : coupoles quadrangulaires recouvertes de tuiles vertes, reposant sur des pièces carrées ornées de zelliges, de plâtres sculptés et de bois peints. Le mausolée de Sidi Bel Abbas s’est édifié en différentes époques. Alors que la médersa et la mosquée date de 1605, la fontaine et la zaouïa sont plus anciennes. La façade de la fontaine couverte de stuc s’étire sur cinq arcs. Elle a été récemment restaurée, mais ne distribue plus d’eau. Le sanctuaire se compose d’une mosquée entourée d’un hammam, d’un abattoir rituel, d’un asile pour les aveugles et d’un cimetière. Le mausolée comprend un patio et une salle funéraire, dont les murs ornés de zelliges et de vitraux sont coiffés d’une coupole en bois peint. Sur le chemin, une des ruelles conduit à la monumentale fontaine « Chrob ou Chouf » en bois sculpté, un nom très évocateur !
Les étapes du pèlerinage - ziara
La légende des Sept Saints se rapproche du mythe chrétien des sept dormants d’Éphèse*. Selon l’itinéraire institué par El Youssi, le pèlerinage se fait suivant un parcours circulaire qui renvoie à la circonvolution autour de la Kaaba lors du pèlerinage à La Mecque. Le circuit dévotionnel emprunte une route immuable à travers la médina, du sud-est au sud-ouest, en passant par le nord. Il commence le mardi pour s’achever le lundi suivant, chaque jour étant réservé à un wali (ou saint). La « ziara » s’effectue dans l’ordre suivant :
• Sidi Youssef Ben Ali
Le mardi, les pèlerins commencent par visiter Sidi Youssef Ben Ali, inhumé à Bab Ghmat.
• Cadi Ayyad
Le jour suivant, on entre par Bab Aghmat pour prier sur la tombe du Cadi Ayyad Benmoussa, enterré près de Bab Aïlen.
• Sidi Bel Abbès
Le jeudi, les pèlerins entrent par Bab El Khemis pour se rendre auprès de Sidi Bel Abbès Sebti, près de Bab Taghzout.
• Sidi Ben Slimane el Jazouli
Le vendredi, par Bab Taghzout, on visite la sépulture de Sidi Ben Slimane qui repose dans la zaouïa proche de Sidi Bel Abbès.
• Sidi Abdelaziz Tebbaâ
Le samedi, on se rend sur la tombe de Sidi Abdelaziz Tebbaâ, enterré non loin de la Mosquée Ben Youssef.
• Sidi Abdellah El Ghazouani
Le dimanche se passe dans la zaouïa du quartier d’El Ksour. Sidi Abdellah El Ghazouani est enterré non loin de la Mosquée Mouassine.
• Imam Souheili
Le lundi, en franchissant Bab Robb, le pèlerinage prend fin sur la tombe de Sidi Souheili.
Sources : « Les Rencontres mondiales Sidi Shiker des affiliés du Tasawwuf ». Marrakech 2004. Document du ministère des Habous et des Affaires islamiques.
Votre site est en matière de photos le plus complet, riche et généreux qui existe sur ce sujet. C'est un vrai plaisir de l'avoir découvert. Mille bravo!
les photo de bab doukkala
il faut absolument mettre des photo des rue de bab doukkala sinon les visiteur vont voir que c'est bizard et la il ne pouront vous achetez ce que vous leur présenter comme les riads ils y en a trop mettaient en quelque uns sinon il vont etre debordé ....
de la part d'un habitant de marrakech et de france d'origine berber (l'kella m'gouna)
felicitations
Toyt d'abord félicitations pour la teneur de vos écrits au contenu pédogogique incontestable.
je vous ai trouvé c'est simplement car je suis à la recherche d'informations sur le pélerinage, vos propos sont les meileurs que je viens de trouver sur le sujet.
En effet devant me rendre a marrakech dans le cadre professionnel pour un moment de détente que je ne ouhaite pas partager avec mes collègues , je souhaitais rendre ce séjour utile en me recueillant et en consacrant un peu de temps a Dieu.
fasciné par la légende des 7 dormants et les saints de ce monde , je souhaiterais faire le pélerinage dans le cadre de ce séjour à l"heure d'aujourd'hui je commence à découvrir la personnalité de chacun de saint, connais la séquence et appoximativement la position géographique de chacun des mosauléés, je viens de découvri que le parcours était codiéfié et sur ce point je ne voudrais pas faire d'impair dans le cadre de ce parcours.
c'est pourquoi j'en appelle à ceux qui semblent connaitre la question afin de m'aider dans ce petit projet.
Efin voila apres avour marché 40 kilometres en bretagne pour me recueillir dans la chapelle de 7 dormants et avoir médité dans le marabout de Sidi Abdallah Ibn Mohammed - à coté de mirleft)et enfin m'etre rcueilli dans les moquées Sayedna Hussein et Sayedatna Zeinab, j'atends beaucoup de ce périple et j'espere pouvoir accomplir ( Inch'Allah)
merci d'avance si vous pouvez m'aider
JE T4ADORE
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