Photos du Maghreb

Situé à l'extrémité de la face occidentale de Méditérranée, le Maroc a bâti son histoire au rythme des vagues de l'Atlantique.

25 mars 2008

Fes

f20_603023112

f20_603023113

f20_603023114

f20_603023115

f20_603023116

img_80

img_80

img_80

img_80

img_80

img_80

img_80

img_80



Posté par Actua à 00:56 - Maghreb - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Fès, la "Perle du Monde arabe"

La ville de Fès est la "Perle du Monde arabe", la "cible de tout chercheur de trésor de civilisation", un "havre naturel" et une "caverne d'oeuvres d'art", estime le quotidien libanais "As-Safir".


Dans un billet spécial consacré mardi à la ville, le journal affirme que cette cité constitue un véritable patrimoine, une capitale spirituelle séculaire à laquelle le qualificatif de "Perle du Monde arabe" sied si bien.
Pour l'auteur du billet, Zine Eddine Khaldoune, Fès rappelle à tout point de vue Florence et Athènes: "le plaisir spirituel et sensuel y est sans fin, avec ses palais et musées qui en font une cité quasiment hors pair".
Khaldoune s'est livré à un essai de faire vivre au lecteur une tournée dans les ruelles de la vieille ville notamment dans le quartier Andaloussiyine, qui l'a fasciné par la beauté des lieux et la diversité des styles architecturaux. "Les palais rivalisent en beauté, en sculpture sur bois, plâtre et moucharabiehs", relève-t-il.
Quant à l'Université Qaraouiyine, le journal rappelle son vénérable âge qui dépasse celui de la Sorbonne et d'Oxford, notant qu'elle continue à honorer son rang parmi les "principaux centres culturels du Maghreb Arabe".
Pour bien visiter Fès, l'auteur du billet ne voit pas mieux que d'y aller à pied, "sans se presser, en se laissant emporter par le courant de la vie de la cité, des sensations qu'elle procure dans les dédales des ruelles, des escaliers et autres venelles sous voûtes". Les parages de Fès n'ont pas non plus échappé à l'auteur qui a surtout apprécié les lacs (dayas) aux eaux limpides et les sources thermales des environs, aux vertus curatives, notamment Sidi Harazem.
En somme, toute visite au Maroc sans détour par Fès laisse "un goût d'inachevé, d'absence de saveur originelle" du Royaume, souligne-t-il.
Ce billet est le deuxième que le journal consacre aux cités marocaines, le précédent ayant été dédié aux charmes de Rabat, Tétouan et Chefchaouen.

Posté par Ibn Khaldoun, 30 mai 2006 à 15:44

«Secrets subtils»

Ainsi, de ce côté-ci de la Méditerranée, Fès est une autre Florence. Et le sera encore plus mardi 6 juin lorsqu'elle accueillera l'Italien Antonella Ruggiero avec l'Arké Quartet. La remontée aux sources du monde latin passera également par Volubilis où le festival se transportera samedi. Les ruines de l'empereur Juba II, élevé par César et gendre de Cléopâtre, résonneront de chants soufis. Car le festival de Fès est aussi un grand rendez-vous confrérique. Chacun des plus grands groupes maraboutiques du royaume chérifien aura même sa nuit, sa méditation ou sa transe à la lueur des bougies, après les concerts, à l'intérieur du riad Tazi, ancienne résidence du temps du protectorat et palais du pacha jusqu'à 1986.
Ces sociétés mystiques demeurent très vivaces, initiant toujours, aux «secrets subtils», «ceux qu'on ne découvre qu'à travers l'aventure silencieuse d'une âme qui cherche Dieu au plus profond de soi-même», explique Faouzi Skali, directeur du festival, lui-même membre de la confrérie Boutchichiya. Aucun prosélytisme toutefois de la part de cet intellectuel car «il y a autant de voies qu'il y a de fils d'Adam».
Comment dès lors un chanteur comme Enrico Macias, invité également, ne se sentirait-il à l'aise ici pour poursuivre plus avant son exhumation du maâlouf constantinois. Il le fera jeudi, en compagnie du Tunisien Lotfi Bouchnak. Une coloration ottomane qui devrait séduire Fès, en partie fondée par des Kairouanais. Enfin, Salif Keita viendra, samedi 10, rappeler que l'Afrique est également une du nord au sud. Le chanteur malien se produira dans une version acoustique, plus «naturelle» donc, de son répertoire.
Pour donner plus de sens à toutes ces soirées, le festival se double depuis 2001 de rencontres-débats portant sur des questions spirituelles mais aussi politiques, économiques et sociales. De nombreuses personnalités d'horizons les plus divers tentent alors d'apporter leur pierre à l'amélioration des relations entre les hommes à l'heure de la mondialisation. C'est ainsi que ces «Rencontres de Fès» ont été désignées par l'ONU comme l'un des événements majeurs ayant contribué au dialogue des civilisations. Sont attendus cette année, parmi d'autres, Paulo Coelho, Nicolas Hulot, Ghassan Salamé, Hubert Védrine, Wim Wenders...

Posté par Ibn Khaldoun, 30 mai 2006 à 15:45

Le monde arabe et la musique baroque

Toutes les musiques spirituelles du monde se donnent rendez-vous dans la ville impériale marocaine pendant une semaine à partir de vendredi.


Le monde arabe et la musique baroque ? Aucun rapport a priori. Pourtant, on ne trouve pas dans l'histoire de plus grand fan de Louis XIV, de sa cour et de ses arts que Moulay Ismail. Au point que ce sultan alaouite tenta, vainement, d'épouser la fille du Roi-Soleil, la belle Anne-Marie de Bourbon, future princesse de Conti. Et qu'il se fit bâtir un palais à Meknès qui entendait rivaliser avec Versailles. Aujourd'hui, à quelques dizaines de kilomètres plus à l'est au Maroc, c'est à Fès que le baroque a rendez-vous. William Christie et les Arts florissants y ouvriront vendredi prochain la 12e édition du Festival international des musiques sacrées avec celles de Mozart composées pour le Concert Spirituel, mais aussi Rameau, Mondonville et Rigel.
Créé en 1725 à Paris, le Concert Spirituel fut la première institution française de concerts publics. L'évocation de son souvenir aura donc lieu en plein air, dans l'enceinte de la principale place d'armes de la ville impériale, un méchouar, bâti en 1886 sous le règne de Moulay Hassan, qui est aussi l'accès principal au Palais royal. Les Arts florissants et leur instruments anciens -le clavecin de William Christie est du voyage - seront placés devant la monumentale porte Makina, chef-d'oeuvre de volutes et de calligraphie arabe.
Suivront en ces lieux et un peu partout en ville jusqu'au 10 juin une exceptionnelle distribution de musiciens orientaux et occidentaux sélectionnée par deux spécialistes : Gérard Kurdjian, percussionniste poly-instrumentiste, spécialiste des tablas de l'Inde du nord, passionné par les traditions musicales et présent depuis les premières années du festival ; et Chérif Khaznadar, directeur de la maison des Cultures du monde à Paris, grand découvreur de musiques authentiques, qui prend cette année la direction artistique.
Ensemble ils rivalisent d'éloges à propos du percussionniste Keyvan Chemiran et de son nouveau projet que l'on pourra entendre samedi. Intitulé «Le rythme de la parole» il s'agit d'une prometteuse rencontre de traditions iraniennes, d'Inde du Sud, et du Mali. Ce sera, selon son initiateur, une véritable création contemporaine où les peaux frappées ou caressées sont sensées épouser le rythme de paroles chantées en persan, tamoul et bambara. D'autres tambours viendront d'encore plus loin dimanche, avec ceux de Tokyo, conviés à Fès par la comtesse Setsuko Ideta, veuve du peintre Balthus. L'Extrême-Orient sera d'ailleurs bien représenté puisque le lendemain la Tibétaine Yungchen Lhamo chantera, seule, céleste, sous le chêne vert du jardin du Palais Batha. Ce sera juste avant de reprendre le chemin de l'Occident médiéval avec la formation espagnole Capella de Ministrers pour des chants du XIVe siècle en latin, catalan et occitan.

La viole de Jordi Savall, la voix de Montserrat Figueras et l'ensemble Hespèrion XXI lui succéderont naturellement pour témoigner de l'inépuisable richesse du patrimoine non écrit des musiques arabo-andalouses. Elles plus que d'autres peut-être illustrent les liens profonds unissant les traditions artistiques chrétiennes, séfarades et musulmanes dont Fès est, depuis sa création au IXe siècle, le creuset.
A ce propos, dans la médina, autour de la vieille mosquée de la Qaraouine, qui est aussi une des plus anciennes universités du monde, personne ne manque de rappeler qu'un des étudiants les plus fameux qui passa là fut un certain Gerbert d'Aurillac, futur pape Sylvestre II. Celui-là même qui introduisit les chiffres arabes en Europe. Ou que, parmi les professeurs, la Qaraouine compta le célèbre Maïmonide, médecin et philosophe juif.

Posté par Ibn Khaldoun, 30 mai 2006 à 15:46

Au coeur des souks

Retour à la foule, au c£ur de la médina. Cris des portefaix. « Balek, balek ! » (« Attention, attention »). Il faut s'aplatir contre les murs pour laisser passer ânes et mulets chargés de sacs souvent plus gros qu'eux. Folle agitation, clameurs et exclamations, tout ce petit monde court à ses affaires. Nous, nous continuons tranquillement notre balade le nez en l'air, en quête d'émotions esthétiques, de couleurs chatoyantes et d'odeurs enivrantes. On s'attarde dans le quartier des dinandiers martelant le cuivre à même les trottoirs, puis dans celui des menuisiers qui scient et rabotent dans l'odeur entêtante du cèdre, pour arriver, enfin, à l'extraordinaire souk des tanneurs. Il faut se faufiler dans l'un des entrepôts de cuir et grimper un escalier pour accéder aux terrasses qui dominent ce panorama : un immense damier de bacs de couleurs creusés dans le pisé, alimentés par des moulins, cloisonnés par des digues, des ponts, des systèmes d'évacuation. Cuves de teinture rouge sang, bleu cobalt, ocre ou marron près desquelles s'activent les tanneurs torse nu chargés de peaux. On ne peut s'empêcher d'éprouver de l'admiration devant un métier millénaire encore si présent au c£ur même de la ville. Fès regorge aussi de joyaux cachés. Et c'est le bonheur de ces flâneries que de trouver ce qui se cache, de passer une porte pour découvrir le superbe fondouk (caravansérail) Nejjarine. Construit au début du xviiie siècle, il a été admirablement restauré et renferme aujourd'hui un très intéressant musée des arts et métiers du bois. Du mausolée de Moulay Idriss au palais royal (qu'on ne visite pas), du quartier juif (Mellah) aux tombeaux mérinides, peut-on tout voir à Fès ? Certainement pas. D'abord, il faudrait une vie, et même les guides professionnels ne connaissent pas tous les secrets de cette incroyable fourmilière.
Les musiques du monde

Le célèbre festival des Musiques sacrées est né en 1994, à l'époque où l'Américain Samuel Huntington commençait à répandre sa thèse sur le choc de la guerre des civilisations. La réponse des Marocains ? Un dialogue des cultures et des religions... en musique. Le choix de Fès s'est imposé d'emblée. Ce haut lieu du soufisme (l'ésotérisme de l'islam) est, en effet, idéal, pour réconcilier les hommes en musique. Lors de la 12e édition qui se tiendra du 2 au 10 juin prochain, les jardins des palais et les ruines romaines de Volubilis vont résonner des musiques des cathédrales latino-américaines, des accents des gospels américains, des chants de Françoise Atlan et d'Enrico Macias, des chants mystiques des femmes du Maghreb, des complaintes des moines tibétains... Oratorios, concerts spirituels, ch£urs d'enfants avec Romain Didier et Enzo Enzo, percussionnistes japonais, flamenco... Des centaines d'artistes vont célébrer le patrimoine spirituel des civilisations et des trois religions du Livre. En plus de dix ans, le festival des Musiques sacrées de Fès est devenu le plus « chicissime » du Maroc (Wim Wenders, Nicolas Hulot et Setsuko Klosowska de Rola, fille du peintre Balthus, notamment, ont annoncé leur présence). D'autant plus qu'en marge des concerts les responsables organisent des débats. Plusieurs dizaines de participants érudits, parmi lesquels Jean-Marie Pelt, Jacques Attali, Jean-Pierre Chevènement et Philippe Douste-Blazy vont se retrouver pour ces « Rencontres de Fès : une âme pour la mondialisation » dont le thème cette année est « Quelles sont les véritables richesses de notre planète ? Comment les gérer ? »

Posté par Ibn Khaldoun, 30 mai 2006 à 15:46

Raffinement de l'architecture et des beaux-arts

La fertilité de la terre, les pluies abondantes et la position stratégique de la plaine du Saïs, au pied du Moyen Atlas, ont donc convaincu Moulay Idriss de fonder en ces lieux la capitale de sa nouvelle dynastie : les Idrissides. Son fils Idriss II l'agrandit et l'embellit. Chassées de Cordoue, 8 000 familles musulmanes andalouses s'installent alors ici, comme sur une terre promise. Deux mille autres familles, originaires, elles, de Kairouan, se fixent de l'autre côté de la « rivière de perles ». Ces Andalous et ces Kairouanais, bâtisseurs de mosquées et de souks, sont à l'origine des quartiers actuels de la médina. Ils apportent à la ville leurs techniques et leur savoir-faire qui vont insuffler à la cité un essor extraordinaire. C'est d'ailleurs sous l'impulsion d'une musulmane de Kairouan qu'en 862 la mosquée Karaouiyne (ou Qarawiyyin) est construite. Agrandie au xiie siècle, elle devient l'université phare du monde islamique. Mais c'est au xive siècle que Fès connaît son apogée, avec la dynastie des Mérinides, à qui la ville doit ses magnifiques medersas (écoles coraniques), ses charmants minarets et ses splendides palais. Le goût du luxe se répand et triomphe dans le raffinement de la décoration. Partout, marbres et bois précieux, stucs et zelliges se déploient et enluminent les façades intérieures, les fontaines et les patios. L'art hispano-mauresque atteint son apogée. Après une éclipse pendant laquelle la dynastie saadienne s'installe à Marrakech, Fès redevient la capitale du Maroc, dans la seconde moitié du xviiie siècle, sous le règne du second souverain Alaouite, Moulay Abdallah. Et c'est à Fès que sera signé, le 30 mars 1912, le traité imposant au Maroc le protectorat de la France. Quelles que soient ses heures de gloire ou de déclin, sa réputation d'érudite reste intacte à travers les siècles. Fès, ville raffinée et aristocratique, se veut toujours la cité du savoir, malgré l'éclipse de son université. De ces temps glorieux, il reste, près des portes de la ville, les palais que les grandes familles fassies, les Tazi ou les Mokri, firent construire. Le palais Mokri peut être visité. Vides, ses salons silencieux et somptueux gardent intact le souvenir de cet intense rayonnement.

Posté par Ibn Khaldoun, 30 mai 2006 à 15:46

Fès aux sources du sacré

Peuplée d'artisans habiles et de fins lettrés, riche d'un patrimoine splendide, l'ancienne capitale mérinide et la plus vaste médina du Maroc n'a jamais cessé de célébrer la tradition. Balade dans une ville musée où le quotidien se confond avec l'éternité.

«Lovée dans un silence blanc, Fès tient dans la paume d'une main. Main de Dieu ou de mendiant », écrit joliment l'écrivain Tahar Ben Jelloun, originaire de Fès. La cité impériale, née, selon la légende, de la pioche en or (« fas » en arabe) de Moulay Idriss, descendant de Mahomet, en 789, est en effet blottie dans sa cuvette, ressemblant derrière ses géométries enchevêtrées de pierres blondes à une esquisse de Delacroix. Entourée de remparts somptueux, elle était, et est toujours, la plus ancienne médina du Maroc. La plus vaste aussi (cinq fois celle de Marrakech) avec ses 90 kilomètres de ruelles qu'on ne se lasse pas de parcourir. Près de 14 000 habitations particulières, environ 10 000 ateliers d'artisans, 3 500 puits, 2 000 hammams, 450 mosquées et, puis, quelque 500 énigmatiques portes de cèdre derrière lesquelles se cachent des palais sublimes ou décrépis. Accueillante, ouverte et souriante, Fès, « cette immense coulée blanche de maisons surplombant les maisons » reste pourtant une ville difficile à pénétrer. Les vieux Fassis vous expliqueront que, dans le Hadith, le prophète Mahomet a dit qu'il ne fallait pas laisser le regard de l'autre entrer dans sa maison. A Fès, on n'aime donc pas les fenêtres. Bien sûr, il y en a quelques-unes, de la taille des lucarnes, haut placées, et solidement protégées par des grillages épais ou des barres en fer. Le visiteur pressé n'aperçoit que lacis de venelles aux maisons blanches collées les unes aux autres, portes basses obstinément fermées, ruelles chaotiques qui courent sans ordre, butant ici sur un mur à angle droit, traversant ailleurs une façade pour rejoindre plus vite un goulet qui débouche sur une placette aveugle. Rien n'a bougé depuis des siècles. Le temps a simplement délabré les palais et les maisons bourgeoises. Mais un esprit nouveau flotte sur la médina. Des associations privées prennent le destin de la ville en main. Une trentaine de riyads ont été restaurés et une majorité transformés en maisons d'hôtes. Zelliges, stucs, bois de cèdre... Fès renoue avec son prestigieux passé.

Posté par Ibn Khaldoun, 30 mai 2006 à 15:47

Les fondouks du Maroc : Le palais des caravanes

Les fondouks, khans et caravansérails sont des témoins irremplaçables de la spécificité culturelle et architecturale commune à l’ensemble des pays du pourtour méditerranéen. Ainsi, dans chaque ville du Maroc, il existe des fondouks encore utilisés comme ateliers, habitations.... On en trouve dans toutes les grandes médinas, que ce soit à Fès, Meknès, Tétouan, Tanger, Rabat, Salé, Essaouira, Marrakech… Certains n'ont guère changé depuis le temps des caravanes, époque où ils ont joué un rôle fondamental dans l’économie urbaine. En ces lieux aujourd’hui déserts, se croisaient autrefois commerçants itinérants, voyageurs, étudiants, mendiants, ballots de marchandises, ânes et chevaux… Une vraie cour des miracles !

Le fondouk est un terme d’origine grecque. Il est l’équivalent du caravansérail oriental, du khan iranien ou de l’oukala tunisien. Il est employé au Maroc pour désigner un bâtiment à fonctions multiples : hôtellerie, entrepôt, atelier. En fait, il est rare qu’un fondouk réunisse ces trois fonctions. Le fondouk-hôtellerie est donc une sorte de caravansérail où peuvent se loger les caravanes, les étrangers et leurs bêtes de somme. Le caravansérail est une institution généralisée au Moyen Age dans les cités marchandes.
Il favorise la surveillance étroite des autorités et la perception de taxes sur toutes les transactions. Les marchands, tenus d'y résider, d'y déposer
et enregistrer leurs marchandises, y trouvent un avantage. En effet, le fondouk met à leur disposition des interprètes et des courtiers, fort utiles pour nouer des relations avec les clients et les marchands étrangers dont ils ne parlent pas la langue. En l’absence de relation familiale avec les habitants de la médina, les voyageurs de passage, commerçants ou pèlerins, ont recours au fondouk. Ils y trouvent un gîte, un entrepôt pour leurs produits et une écurie pour leurs montures, moyennant un prix très modique. Lorsqu'il était situé aux abords des portes principales d'accès de la ville, il servait souvent de gîte pour les gens de passage. Lorsqu'il était près des souks, il était aussi employé comme entrepôt de marchandises à usage commercial ou industriel. Les grossistes pouvaient ainsi y déposer leurs marchandises. Les détaillants venaient s’y approvisionner.
Certains fondouks étaient même spécialisés dans les produits de consommation courante ou de luxe. Fondouk El Melha, fondouk Essukar, fondouk Elhenna, fondouk El Atriya.
D’autres abritaient des corporations : fondouk Ennaqqala (des coursiers), fondouk Ellabbadin (des feutriers). D’autres encore étaient en relation avec des confréries religieuses, des saints, ou des communautés étrangères à la ville. Le rez-de-chaussée était destiné à l’entrepôt des marchandises et aux animaux.
Le ou les étages servaient à l’hébergement des commerçants ou des voyageurs de passage.

Posté par Ibn Khaldoun, 19 juillet 2006 à 13:46

Fondouk Nejjarine

L’impressionnant fondouk Nejjarine est l’un des édifices les plus célèbres de Fès. Construit par L’âmine Adyel, au XVIIIème siècle, ce caravansérail servait de loge pour les caravanes de commerçants de produits de luxe qui venaient de l’intérieur du pays. Son architecture témoigne des nouvelles tendances qui ont marqué l’art de bâtir et la décoration à Fès au début de l’époque alaouite.
Sa porte monumentale est unique par sa structure, sa forme et ses éléments décoratifs (bois de cèdre, élégantes arcades). Au rez-de-chaussée, ornées de moucharabiehs, les galeries divisées en cellules abritaient les bêtes. À l'étage, les hôtes étaient logés dans des chambres. Cet ancien entrepôt de marchandises et lieu de négoce est construit en 1771 sous le règne du Sultan Moulay Ismail. Le bâtiment connaît d’autres fonctions par la suite. De 1944 à 1956 ,il abrite un commissariat de police où sont incarcérés les nationalistes marocains pendant le protectorat français. En 1956, il se transforme en internat pour les étudiants. Vers la fin des années 70, le bâtiment est désaffecté en raison de son délabrement.
Classé monument historique en 1916 et inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial, sa restauration s’inscrit dans le projet global de la réhabilitation de la médina de Fès. Elle comprend l’ensemble Nejjarine, la place, la fontaine et le souk des menuisiers, ainsi que la réhabilitation du fondouk en musée. Les travaux commencés en 1990 s’achèvent en 1998. De l'agencement des espaces intérieurs aux ornements et revêtements en façades, tout était à repenser. Des lettres gravées sur le bois du portail, à la peinture ensevelie sous les couches d'huile de lin et de poussière, jusqu'au pavage de la place, la restauration n’a rien laissé au hasard.
L’installation du musée, au sein de ce superbe caravansérail, est conçue et réalisée en parfaite harmonie avec la typologie du Fondouk et ses caractéristiques historiques et architecturales. Seuls des accès, à travers certaines cloisons séparant les petites pièces, ont été aménagés.
Ils offrent ainsi des espaces d’exposition et des parcours de visites plus adaptés à la nouvelle vocation du bâtiment. Le fondouk Nejjarine est aujourd’hui le premier Musée privé spécialisé dans les arts et métiers du bois au Maroc. Des outils traditionnels en bois, des coffres, portes, fenêtres et étagères, y sont exposés.
Il abrite également une galerie d'exposition, une salle d'exposition permanente, une bibliothèque spécialisée ainsi qu'un laboratoire de restauration du bois.

Posté par Ibn Khaldoun, 19 juillet 2006 à 13:46

Lieu d’intervention des douanes

Dans les ports, le fondouk était souvent le centre des activités des négociants étrangers et lieu d’intervention des services des douanes.
Pour faciliter les opérations douanières, mais aussi pour assurer la sécurité
des négociants chrétiens et de leurs marchandises, on trouvait au voisinage immédiat du diwane un ou plusieurs entrepôts (un pour chaque nation) : foundouk, ou caravansérail dont les correspondants en Orient sont ”khân”
et ”dar al wikala”. Exceptionnellement, de tels bureaux fonctionnaient dans
les cités urbaines “hadira” situées à l’intérieur, loin des côtes maritimes, comme à Marrakech, Taroudant ou Fès. Pour Fès d’ailleurs, “le bureau de la gabelle” où l’on acquittait les droits sur les draps importés d’Europe que Léon l’Africain signale au XVIème siècle, correspond au quartier commercial connu aujourd’hui encore sous le nom “Ad-diwan”, qui se situe immédiatement au nord de la kissaria actuelle de l’ancienne médina. Jusqu’au début du XXème siècle, “Ad-diwan” à Fès fut
le siège des fondouks d’entreposage des marchandises qui devaient être présentées aux douanes de Dar Nejjarine. Il ne faut pas oublier que Fès était l’ancienne capitale politique et économique du Maroc

Posté par Ibn Khaldoun, 19 juillet 2006 à 13:47

Distribution d’un fondouk

Parfaitement adaptée à leurs fonctions, la structure des fondouks n’a guère changé depuis le Moyen-Age. Généralement, le fondouk est un grand bâtiment carré ou rectangulaire de un à deux étages. Il s’ouvre par une porte sise au milieu du mur de façade, ce qui n’est jamais le cas pour les maisons. L’entrée peut avoir un aspect monumental. Les locaux occupés par le portier ou l’administrateur donnent sur elle. À l’intérieur, le fondouk s’organise autour d’une assez grande cour à ciel ouvert. Celle-ci est souvent entourée de portiques sur plusieurs côtés. Le centre est parfois occupé par une fontaine. Au rez-de-chaussée, se trouvent les magasins. Les commerçants peuvent y déposer leurs marchandises.
On trouve également des petites écuries, sorte de petites cellules ouvrant sur des galeries couvertes. Avec ou sans galeries, l’étage comporte de petits logements souvent rectangulaires, donnant sur la cour. Une immense balance et d'énormes poids attendent les marchandises à l'entrée du fondouk.

Posté par Ibn Khaldoun, 19 juillet 2006 à 13:47

Origine du mot caravansérail

D'abord carvansera (1432), puis caravasserail (1606) et caravansérail (1673). Sérail est emprunté au persan « karwan-saray » : abri pour voyageurs en Orient. Le mot est composé de “karwan” (caravane) et de “saray” (palais, grande maison, cour). Importé par les relations de voyages en Orient, caravansérail désigne un vaste enclos entouré de corps de bâtiment où le voyageur en Orient trouve un abri. Par extension, il est employé à propos d'un lieu fréquenté par un grand nombre d'étrangers.
L'empire Seldjoukide développa les caravansérails au XIIIème siècle.
De simples relais routiers, protégeant des pillards, ils devinrent de vastes édifices, intégrant banques, bibliothèques, mosquées et bains, de véritables temples du commerce.
Modèle économique, les caravansérails étaient financés par des sultans, des vizirs mais aussi des femmes, de riches particuliers, médecins...
Des corporations et des tribus en furent responsables. Caravansérail signifie aussi "Palais de caravanes" en turco-persan (lieu où les caravanes font halte).
C’est un bâtiment qui accueille les marchands et les pèlerins le long des routes et dans les villes. Selon les endroits, le nom change : en Iran, il s'appellera khan, au Maghreb, fondouk.

Posté par Ibn Khaldoun, 19 juillet 2006 à 13:48

demande de bourse

BONSOIR
je suis élève titulaire de BAC arabe,après avoir parcourir les informations de votre université,j'aimerais avec tout mon souhait être parmi ses etudiants.c'est pour cela que je vous adresse ce message à titre de demande de bourse pour y être integré.
dans, l'attente d'une reponse favorable, recevez mes salutations les plus respectueuses.

Posté par sawadogo adama, 26 avril 2007 à 22:56

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=77832&pid=1579222

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :